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Frédéric Bruly Bouabré, 1923-2014

Frédéric Bruly Bouabré, né vers 1923 à Zéprégüé (Côte d’Ivoire), vivait et travaillait à Abidjan.

Bouabré intègre l’école française en 1931 pour neuf années, durant lesquelles il manifeste une curiosité profonde et un désir intense de s’instruire. L’origine de toute son œuvre est liée à un événement fondateur : le 11 mars 1948, « le ciel s’ouvrit devant mes yeux et sept soleils colorés décrivirent un cercle de beauté autour de leur Mère-Soleil. Je devins Cheik Nadro : celui qui n’oublie pas ». À partir de cette date, il explore tous les champs du savoir et consigne ses recherches dans des manuscrits portant sur les arts et traditions, la poésie, les contes, la religion, l’esthétique, la philosophie, et bien plus encore.

Cherchant à fixer et transmettre le savoir de son peuple — les Bété — ainsi que celui du monde entier, il invente un alphabet de 448 pictogrammes monosyllabiques représentant les syllabes phonétiques. Cette création lui vaut la réputation de « nouveau Champollion ». Cet alphabet, capable de retranscrire tous les sons humains, incarne sa pensée universaliste et son désir de réunir l’humanité.

Dans les années 1970, Bouabré commence à consigner ses pensées dans des centaines de petits dessins au format carte postale, réalisés au stylo bille et crayons de couleur sur carton. Cette œuvre, réunie sous le titre Connaissance du Monde, constitue une encyclopédie visuelle des savoirs : signes, pensées divines, rêves, mythes, sciences, traditions — tout ce qui est révélé ou dissimulé.

D’autres projets, comme les Lectures des Signes Observés dans les Oranges (1988), témoignent de sa vision singulière et de son rôle de penseur-visionnaire.

Pour Bouabré, ses dessins sont des représentations de tout ce qui est révélé ou caché — signes, rêves, mythes, sciences, traditions — et il considère son rôle d’artiste comme une vocation rédemptrice. Il déclare : « Maintenant que nous sommes reconnus comme artistes, notre devoir est d’organiser une société, et de créer un cadre pour la discussion et l’échange entre ceux qui acquièrent et ceux qui créent. Voilà ce qui pourrait présenter une civilisation mondiale heureuse ».

Source: Africultures.com; First Run Icarus Films; Contemporary African Art Collection

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