Chéri Cherin, 1955-2025
Joseph Kinkonda, dit Chéri Cherin, né en 1955 à Kinshasa (RDC), vit et travaille à Kinshasa.
Au cœur de l’Afrique, la République Démocratique du Congo (ex-Zaïre), grande comme cinq fois la France, possède des richesses naturelles, humaines et culturelles incomparables. Plus de 400 ethnies parlant autant de langues ont convergé vers Kinshasa, mégapole de plus de 10 millions d’habitants, où l’on applique le fameux « article 15 » encourageant chacun à se débrouiller. Ce génie populaire fait de Kin-la-Belle une ville étourdissante, de jour comme de nuit.
Depuis le début des années 70, une explosion créatrice touche tous les domaines artistiques. Le groupe Viva la Musica, mené par Papa Wemba, rencontre un immense succès. Kester Emeneya invente alors la SAPE (« Société des Ambianceurs et des Personnalités Élégantes »). Chéri Cherin y occupe l’un des rangs les plus prestigieux.
Dans ce contexte effervescent, l’exposition “Art Partout” de 1978 consacre un groupe de jeunes artistes dits « populaires », car leur peinture figurative et narrative vient du peuple et s’adresse au peuple. Chéri Samba, Moke, Pasteur Bodo et Chéri Cherin, ses principaux initiateurs, rencontrent un succès immédiat et l’adhésion du tout Kinshasa.
Sans être une école ou un mouvement, cette « bande » d’artistes travaille chacun dans son atelier sur des thèmes inspirés par les événements sociaux et politiques. Ils se distinguent par la pertinence du sujet, le style, le traitement de l’espace et la palette chromatique. Chéri Cherin — « Créateur Hors (série) Expressionniste Remarquable INégalable » — place au même niveau sujet, forme, lisibilité et décoratif. Il entraîne le spectateur dans ses interrogations, incertitudes et inachèvements. Il dénonce un monde où opportunisme et comédie voudraient supplanter les vraies valeurs.
« Et si vous, en Occident, vous dites que la peinture est finie, je ne céderai pas à la facilité de la vidéo comme on en voit partout aujourd’hui, jusqu’à la Biennale de Dakar. Je persévérerai dans la peinture et vous verrez ce que vous verrez ! »
Source: Political Art Gallery; CAAC